mardi 30 décembre 2025

Ali Akkache et la Parole du silence

 


Ali Akkache publie un tout nouveau recueil de poésie aux éditions Les Impliqués. Le titre, La Parole du silence, nous invite d’emblée à écouter ce qui se dit au-delà des mots.

En introduction, l’auteur affirme que ses poèmes expriment « l’universalité de la condition humaine ». Les thèmes qu’il explore — et dont nous avons déjà parlé ici — lui sont chers, comme ils le sont à chacun d’entre nous.

La quatrième de couverture pose la question qui traverse tout le recueil :

Et si le silence avait une voix ?

« Dans La Parole du silence, lit-on dans la quatrième de couverture, Ali Akkache nous invite à écouter ce que le monde tait, à ressentir ce que les mots peinent à dire. À travers 109 poèmes, il explore les zones sensibles de l’existence : l’amour discret, la mémoire qui vacille, les rêves tenaces, l’espoir fragile, l’inconnu qui nous attire, l’identité en mouvement, et l’exil intime ou géographique.

« Ce recueil est bien plus qu’un ensemble de textes : c’est une traversée poétique, un espace de résonance où chacun peut déposer ses propres silences. Les poèmes ne cherchent pas à expliquer, mais à accompagner. Ils murmurent là où le monde crie, éclairent là où l’ombre s’installe.

« La Parole du silence est un lieu de rencontre entre l’intime et l’universel, entre ce que nous sommes et ce que nous rêvons d’être. Un hommage aux voix oubliées, aux présences discrètes, aux vérités cachées. Laissez-vous toucher par ces mots qui ne s’imposent pas, mais qui s’offrent comme une main tendue dans le noir. »

Le recueil est disponible sur les sites suivants : L’Harmattan, Les Impliqués, Amazon et Barnes & Noble.

Bonne lecture à celles et ceux qui savent écouter entre les lignes.


vendredi 7 novembre 2025

Prix du Gouverneur général : Soigner, écrire d'Ouanessa Younsi se distingue dans la catégorie Essais.

Ouanessa Younsi gagne le prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie Essai avec Soigner, écrire publié chez Les Presses de l’Université de Montréal. 

Le Comité d’évaluation par les pairs composé de Marie-Pier Lafontaine, Guylaine Massoutre et Melchior Mbonimpa,  souligne : « Dans cette œuvre, Soigner, écrire, Ouanessa Younsi réussit à croiser la psychiatrie et la littérature dans un dialogue éclairant sur la condition humaine. 

Elle révèle une grande maturité qui se manifeste dans sa conscience de notre finitude. Son essai porte haut l’accueil inconditionnel de l’autre, dans ses souffrances et ses difficultés. Le comité souligne la puissance du texte qui relie l’affect, le privé et le social dans un seul combat. »

L’autrice, poète et psychiatre a publié, entre 2011 et 2023, cinq recueils de poésie, ainsi que cet essai (Soigner, aimer, déjà finaliste du Prix littéraire du Gouverneur général du Canada en 2017 et remporté en 2024 le Prix de la revue «Études françaises»). 

Elle a aussi codirigé l’ouvrage Femmes rapaillées. Dans Soigner, écrire, elle se penche sur ses différentes pratiques et nous transporte, par ses récits et ses réflexions, dans les couloirs de l’hôpital, de la maternité et du poème. Tantôt médecin, tantôt patiente, toujours humaine, elle convoque les morts qui jalonnent son métier de soignante pour les garder vivants.


jeudi 6 novembre 2025

Prix littéraire du Gouverneur général : Katia Belkhodja l’emporte pour Les Déterrées.

Le Conseil des arts du Canada a décerné ce jeudi le Prix littéraire du Gouverneur général à Katia Belkhodja, dans la catégorie Romans et nouvelles, pour Les déterrées publié en début d'année chez Mémoire d'encrier

Mot du jury

« Avec Les déterrées, Katia Belkhodja nous offre une fresque foisonnante, un récit titanesque plein de vie, de lumière et d’humour qui exhume les histoires, petites et grandes, des tentatives d’effacement. À travers le portrait échevelé et déconstruit d’une famille sur plusieurs générations, on croise des personnages plus attachants les uns que les autres sur un long chemin, allant de l’Algérie de Lalla Fatma N’Soumer jusqu’au Québec de Réjean Ducharme. »


samedi 4 octobre 2025

Katia Belkhodja : Les déterrées - 2025

En janvier de cette année 2025, Katia Belkhodja dont nous avons déjà parlé, a publié un nouveau roman avec ce titre : Les déterrées. Dans la quatrième de couverture, il est dit que ''Rym vit son enfance avec ses cousines en Algérie. Exilées au Québec, elles creusent les jours d’avant : guerre, colonisation, résistance, déracinement. Rym raconte l’épopée familiale. Elle apprend aussi à faire le thé sans jamais laver la théière, en déposant le poids de l’histoire''. 

Djaffar Kaci, auteur bien connu, notamment sur Facebook où il dirige une plateforme numérique, Échos littéraires, lui a posé des questions sur ce dernier ouvrage.
 
Échos littéraires : Bonjour Katia, merci d’avoir accepté notre invitation. Je vais commencer, par votre dernier roman : Les déterrées. En fait, le personnage de Rym qui vivait une tendre enfance avec sa famille en Algérie est bouleversé de devoir quitter son pays natal. Il est question de quatre générations marquées par la colonisation, la résistance et le déracinement. Les déterrées est avant tout une histoire de transmission et de résistance. Comment vous est venue l’idée d’écrire ce roman, si poignant ?

Katia Belkhodja : J'écris depuis longtemps, depuis toujours à vrai dire : je dictais des poèmes - pas excellents - à mon grand-père quand j'avais quatre ans. Ma mère m'a beaucoup poussée, petite et adolescente, à explorer ça. Elle m'a demandé quand j'avais environ quatorze ans, très sérieuse, pourquoi je n'écrivais pas notre histoire. Évidemment, à quatorze ans, je n'y comprenais pas grand-chose, à notre histoire : je la voyais confusément, mais je sentais que c'était trop gros pour moi. Notre histoire, comme celle de toutes les familles algériennes, est intimement liée à la grande Histoire, celle de l'Algérie et de la France ensemble, celle de l'Algérie toute seule, celle de tous les déplacements forcés et volontaires de notre peuple comme d'autres peuples. Et c'est avec la pandémie, le couvre-feu, ce que ça a rappelé à mon corps, avec les enfants, ce que j'ai compris de l'histoire des miennes et des miens quand ils sont nés, mes fils, que j'ai réussi à la tenir dans mes bras. Il fallait un regard assez large, que je n'avais pas à quatorze ans. Mais l'histoire avait attendu des siècles déjà, elle a pu tenir deux décennies encore avant que je l'écrive.

Échos littéraires : On dit de vos livres qu’ils sont remplis d’intelligence, d’amour et de violence dans une langue sans superlatif. L’autrice québécoise et sociologue Caroline Dawson, dira même à propos de La marchande de sable, que c’est un des écrits les plus poétiques de la littérature québécoise récente. Comment vous percevez ces commentaires ? 

Katia Belkhodja : Je pourrais dire que ça me fait plaisir, mais c'est plus fort que ça : les commentaires de Caroline, en particulier, qui était une amie, que nous avons perdue depuis un an déjà, j'y retourne quand je doute. Quand j'ai l'impression que j'aurais dû faire de la poterie, je relis ça et ce qu'elle m'a écrit quand elle m'a dédicacé Ce qui est tu. Ça me fait aussi plaisir que ça parle de La marchande de sable, mon troisième roman est le plus abouti, les deux autres étaient plus confidentiels, mais le fait d'être vue dans l'entièreté de son œuvre, ça fait un petit velours. Honnêtement, en général, l'écriture est tellement solitaire que, pour moi, c'est surtout un immense soulagement quand j'ai ce genre de commentaires, je me dis : ok, je n'étais pas complètement à côté de la plaque.    

Échos littéraires : Pour Les déterrées, c’est plus un devoir de mémoire, de justice. Il fallait l’écrire ce livre, déterrer les racines de ces tribus qui ont été enfumées, ces gens déplacées, ces morts par milliers. Avec votre roman, ils sont sortis de l’anonymat pour avoir un nom, un visage. Est-ce que vous êtes fière de ce grand travail ?

Katia Belkhodja : Honnêtement, oui. Le passage dans lequel je parle d'Ypres, avec la Kattenstoet et le bataillon de Kabyles qui inaugurent le chlore utilisé comme armes chimiques, c'est un passage qui m'a pris des heures de recherche, le plus long 750 mots que j'ai jamais écrits. Ce travail-là était vraiment important pour moi, alors savoir que leurs noms résonnent dans les têtes de celleux qui viennent après, c'est immense pour moi. Et c'est aussi important pour l'avenir, pour ouvrir le champ des possibles, pour dire à nos enfants - je veux dire les enfants de l'humanité en général : non, nous n'avons jamais été résignées, dociles, nous n'avons jamais eu le gène de la soumission, de la disparition. Nous pouvons changer le monde parce que nous l'avons déjà fait et nous serons pleurées parce que nous aussi, nous refuserons de disparaître dans le silence. 


Échos littéraires : Vous n’aviez que 9 ans à l’époque, mais vous gardez au fond de vous, ces senteurs, ce thé à la menthe, les arômes du fameux couscous, ces parfums de jeunesse. Est-ce que cela vous manque :  la Kabylie, Alger ?

Katia Belkhodja : Bien sûr. J'écris sur ça justement en ce moment : la cuisine. Parce que vous parlez de parfum, mais c'est de l'amour. Ma tante qui fait les sardines, le hamlhlou, les repas préférés de mon père et de ma sœur quand on arrivait à Tlemcen, les gens qui reçoivent, le goût des beignets de ma grand-mère: c'est de l'amour. Cet amour me manque. Le bleu pâle du ciel, qui a une odeur, une chaleur particulière, me manque. Pas en permanence, pas comme au tout début, quand c'était presque physique : le deuil est fait. J'ai peut-être l'immense chance de me sentir un peu chez moi dans plusieurs endroits à la fois, de connaître l'odeur du ciel et d'être apaisée par elle. 

Échos littéraires : Vous dites que la migration peut calmer l'angoisse identitaire. Pourquoi à votre avis, petite, vous avez rejetée, cette langue, pourquoi voulait-il vous forcer à l’apprendre pendant les années noires de la guerre civile en Algérie ? Vous parlez de ce besoin d'exorciser votre rapport à la langue arabe, que vous n’avez jamais vraiment réussi à parler. C’est un legs qu’on laisse à ses enfants, a votre fils notamment à votre avis ? Vous le regrettez ?

Katia Belkhodja : Ça m'attriste plus que je le regrette. J'aurais aimé pouvoir l'apprendre à mes trois fils, mais je ne peux pas regretter quelque chose qui était simplement impossible pour la petite fille que j'étais. C'était de l'obligation pragmatique après : on ne savait pas si ou quand on pourrait s'en aller, j'imagine que mon cerveau aurait débloqué éventuellement si j'étais restée en Algérie, il faut bien parler la langue du pays. Ce n'était pas une décision politique quand j'avais sept-huit ans, je me rappelle mes instituteurs et institutrices d'arabe, qui étaient vraiment extraordinaires et en même temps, un peu désespérés parce qu'ils voulaient vraiment m'aider et que j'étais complètement bouchée - alors que dans tout le reste, ça allait très bien. En tant que prof, ça me fait un peu rire aujourd'hui. Ce qui est un peu drôle par contre, c'est que l'arabe commence à faire son apparition dans les classes et les cours d'école, comme un élément du slang d'une jeunesse métissée, alors je me fais dire wesh et je réponds woullah, mes étudiants tombent de leur chaise. Et mes enfants prononcent cheh n'importe comment, je peux au moins leur donner ça : le ha dans leurs gorges. Mais plus sérieusement, je n'haïrai pas trouver des cours ou des bons livres pour qu'ils apprennent un peu la langue.

Échos littéraires : Vous avez été lectrice pour le Prix du récit Radio-Canada pour découvrir de nouvelles voix » et « de jouer un rôle dans leur éclatement au grand jour. Comment vous avez trouvé l’exercice ?

Katia Belkhodja : J'ai adoré. J'adore en général ce genre d'exercices. C'est vraiment un honneur et un bonheur de contribuer à découvrir des voix qu'on ne connaît pas encore et qui sont tellement nécessaires, souvent. Il y en a beaucoup qui n'ont pas l'espace concret, les conditions physiques, pour se déployer, alors si je peux réussir à créer un tout petit peu de cet espace, je me sens à ma place, je sens que je fais ce qui doit être fait. Je pense que c'est pour ça que je suis prof aussi : donner un espace pour déployer des voix, c'est un peu ma raison d'être quand j'y réfléchis.

Échos littéraires : Pour finir, parlons de ce projet, vous y songez ? Faire un arbre généalogique complet de votre famille ?

Katia Belkhodja : Ouf. J'en ai un, fait par mon grand-père, mais il s'arrête début 2000. Pour tout dire, j'ai rencontré des cousines pour la première fois à mon lancement, je pense que ce foisonnement fait partie de la culture : la communauté n'a pas besoin de traces écrites, de factures consignées des liens que nous entretenons : nous sommes liés par des histoires, depuis longtemps et pour longtemps encore.

Pour aller plus loin 

Les déterrées, de Katia Belkhodja - Une histoire de survivance et de transmission, La Presse, 25 janvier 2025



vendredi 26 septembre 2025

Ali Akkache : La poésie kabyle s'exprime en français avec «Voix pour dire la vie»

 Ali Akkache, poète renommé de la poésie kabyle, franchit une nouvelle étape en publiant son premier recueil en français : Voix pour dire la vie.


Ce recueil offre une plongée sensible et lucide dans les paysages de l'âme humaine. Composé de cinquante-neuf poèmes, le recueil explore des thèmes universels tels que l'injustice sociale, l'amour, la solitude, la quête de soi, la perte, la liberté, l'identité et le silence.

Ali Akkache y déploie une parole poétique à la fois épurée et profonde, directe et méditative. Chaque poème est une voix — blessée, révoltée, lucide — qui cherche à dire la vie dans toute sa vérité, sa fragilité et sa vibrance. Ce recueil est une invitation à l'écoute, à la sensation, à la réflexion. C'est une poésie qui ne cherche pas à embellir le monde, mais à le comprendre, à le questionner, à le traverser avec humanité.

Extrait :

La voix du silence

Qui a dit : le silence est vide, Alors qu’il est plein de réponses ? Qui a dit : le silence est vide, Alors qu’il est plein de surprises ? Qui a dit : le silence est vide, Alors qu’il est chargé de sens ?"

Vous pouvez déjà vous procurer la version Kindle sur Amazon, et la version papier... arrive très bientôt !

M.B.

mercredi 5 mars 2025

Échos Littéraires parle de notre site

Lu sur la page Échos Littéraires qu’anime sur Facebook,  Djaffar Kaci, auteur et journaliste.

On est samedi. Une fois n’est pas coutume, nous n’allons pas parler d’un écrivain, aujourd’hui, mais d’un site internet, pas n’importe lequel. Littérature algérienne migrante en Amérique du Nord. C’est de lui qu’il s’agit. Il porte une mine d’information pour celles et ceux qui aspirent à lire, à comprendre et analyser les écrits.

La plume qui l’enrichie, n’est pas inconnue aussi. Il s’agit de Mouloud Belabdi (…). 

Je voulais donc vous en parler et vous inviter à aller le visiter, vous promener à l’intérieur, vous en inspirer. Vous y découvrirez, comme moi, des pages sublimes, des entrevues si riches et foisonnantes que vous l’adopterez.

J’ai alors demandé à Mouloud, comment lui est venue l’idée de créer cet espace de lumière, ce blog qui est une véritable mine d'information ?

M.B. Quand j’ai débarqué à Montréal, un certain 3 janvier 1997, j’ai commencé à connaître mon nouveau milieu en fréquentant les endroits où l’on parlait de littérature et de poésie entre autres. C’était déjà ma passion depuis Alger. Et, à ce moment là, j’ai découvert que la littérature québécoise comprenait des figures, des personnalités qui venaient d’ailleurs. Du Brésil, du Japon, de France notamment. Dans le même temps, il y avait les cafés Internet. S’offrir un ordinateur à cette époque, n’était pas à la portée de tout un chacun. Aussi, la fréquentation de ces cafés était pour moi, une autre ouverture sur le monde. De ces deux lieux de convivialité, a émergé l’idée d’un site consacré à la littérature migrante au Canada. Cette première expérience a débuté sur la plateforme Voila.fr. Je parlais de tous les auteurs venus d’ailleurs pour vivre le Québec et le Canada en général puisque d’Est en Ouest, on retrouve des écrivains, des poètes immigrés pour mille et une raison. Malheureusement, cette expérience n’a pas duré. Quatre ans tout au plus, si mes souvenirs sont bons. Voilà.fr avait décidé de ne plus abriter les blogs. Un autre site consacré au regretté Djamel Amrani que j’avais également créé pour le plaisir, a dû en subir les conséquences. 

En fin de compte, la documentation n’étant pas perdue – merci à Voila.fr – j’ai dû me tourner vers Google et sa plateforme blogger.com tout en limitant mes ambitions. J’avais décidé en effet de parler uniquement des auteurs algériens résidant en Amérique du Nord, principalement au Canada où se trouve le gros de notre communauté. C’est un site qui se construit peu à peu et qui a pour objectif principal de fournir des informations, de la documentation sur les auteurs algériens dans cette partie du monde. 

D.K. Quel est ton regard sur les nouvelles plumes algériennes, les nouvelles autrices et auteurs qui font de plus en plus parler d’eux : Anis BenTayeb, Anys Mezzaour, Kaouther Adimi, Selma Guettaf, Sabrine Yousfi, Mohamed Aouine, Rachida Hellal, Lolita Sene, Akli Tadjer…

Dans cette liste que vous me citez, j’avoue humblement n’en connaître véritablement que deux : Kaouther Adimi et Akli Tadjer. Leurs livres sont disponibles à la Grande bibliothèque de Montréal, qui est un lieu incontournable pour la littérature et les nouvelles parutions. C’est ainsi que je les ai découverts.

Kaouther Adimi, comme vous le savez, explore des thèmes profonds liés à l’identité et surtout à la mémoire. En 2017, elle nous a heureusement étonnés avec Nos richesses, le roman d’une librairie de légende à Alger, des années 1930 à nos jours. Elle a reçu de nombreux prix, et c’est mérité.

Quant à Akli Tadjer, il est déjà bien installé dans l’écriture. Il est connu pour ses romans qui abordent les thèmes de l’immigration et de l’identité, comme D’amour et de guerre.

On pourrait bien sûr, évoquer Anis Ben Tayeb qui est connu pour son engagement social, ou Anys Mezzaour, qui a introduit la fantasy dans la littérature algérienne. 

Ces auteurs représentent une nouvelle génération qui enrichit la scène littéraire algérienne et celle du pays où ils résident avec des voix variées et des perspectives particulières. Ce qui les caractérise, c’est l’audace et le désir d’explorer des territoires encore vierges, parfois juste esquissés par nos aînés.

Il serait intéressant de parler de l’impact que ces auteurs ont sur la culture algérienne contemporaine et comment ils influencent les jeunes générations. Un travail de recherche universitaire sur ces points serait le bienvenu.

Montréal, 2025-19

jeudi 13 février 2025

Demain, le soleil se lèvera de Ali Akkache

Tomorrow the Sun Will Rise – Demain le soleil se lèvera ! C’est un nouveau recueil de poèmes émouvants d’Ali Akkache qui vient d’être publié chez Amazon. 24 poèmes qui explorent les thèmes de l’espoir, de la résilience, de l’identité et de l’expérience humaine. 












Trois question à Ali Akkache

MB : C'est la première fois, me semble-t-il, que vous publiez en anglais. Bien sûr, des Algériens lisent et écrivent dans cette langue. Quel est votre objectif en vous y mettant à votre tour, dans la langue de Shakespeare ?

Ali Akkache : En effet, c'est ma première expérience de publication en anglais. Je l'utilise ici comme un support, un contenant, car le contenu vient à cent pour cent de la langue de Si Mohand Oumhand. Pour moi, c'est un nouveau défi de traduire mes références culturelles dans ma troisième langue étrangère. D'autre part, comme je vis aux États-Unis depuis la moitié de ma vie, je me suis dit pourquoi ne pas partager ma culture algérienne avec le lectorat américain et anglophone en général. C'est un grand défi pour moi, non seulement de traduire la langue, mais aussi les références et les valeurs culturelles que je porte en moi depuis Alger. Finalement, je veux élargir mon lectorat et mon public, car malheureusement, ils sont rares parmi les nôtres qui lisent et écoutent la poésie. Je veux trouver un lectorat et un public averti, ce qui est rare aujourd'hui.

MB : En parcourant la table des matières, je dirais que tu demeures fidèle à une certaine thématique que l’on pourrait résumer par le mot vie, la vie. 

Ali Akkache : Oui, ma thématique tourne autour de la vie qui est l’opposée de la mort au sens propre et figuré. Est-ce que je suis toujours fidèle à cette thématique, oui c’est possible. Cependant, le choix ne vient pas de moi à titre volontaire car il dépend de mon inspiration, mon observation de journaliste aussi, en vivant des expériences, en suivant la réalité, la dynamique de la vie qui bouge, qui bouscule dans un monde incertain me pousse à m’attacher à la vie comme moyen de résistance.

MB : Le titre du recueil renvoie à la jubilation. Êtes-vous optimiste à l’égard du proche avenir ? 

Ali Akkache : Vous savez l’optimisme est né du pessimisme. Quand je regarde la Tv, écoute la radio et lis la presse, je suis pessimiste mais je me refugie dans mon monde de poésie, j’essaye de créer ce qui n’existe pas pour compléter ce vide qui nous manque tous. Dans mon dernier poème voilà ce que j’ai écrit en gros pour bien illustrer ma réponse à cette question. Pour la jubilation je la cherche toujours car les nuages sont plus nombreux face et contre le soleil

MB : C'est une belle image que vous peignez avec ces "nuages plus nombreux face et contre le soleil". On sent une certaine mélancolie, mais aussi une volonté de trouver la jubilation malgré les difficultés.

C'est un peu comme si vous faisiez briller le soleil à travers les nuages, non ?

Est-ce que vous pourriez nous lire quelques vers de ce dernier poème ? 

Ali Akkache :

''Je rêve d'un œil sans larmes, 
Je rêve d'une vie sans armes. 
Je rêve du soleil pendant la nuit, 
Je rêve de la vie qui naît de la mort.
Je rêve de l'espoir dans le pire,
Je rêve des portes qui s'ouvrent. 
Je rêve des cœurs blancs,
Je rêve des muets qui parlent.
Je rêve de rêves sans rêve, 
Je rêve de la vérité que tu cherches.
Je rêve de l'histoire que tu aimes, 
Je rêve de la fin de la tempête.
Je rêve que les rêves deviennent réalité, 
Je rêve, je rêve, je rêve...''



samedi 26 octobre 2024

𝐃𝐣𝐞𝐛𝐞𝐥𝐬 𝐝𝐞 𝐌𝐮𝐬𝐭𝐚𝐩𝐡𝐚 𝐂𝐡𝐞𝐥𝐟𝐢

 

Mustapha Chelfi vient de publier à Alger, chez Casbah Éditions, Djebels, un roman de 336 pages. Dans la quatrième de couverture, l’éditeur résume ainsi l’histoire : 

« Autour du personnage truculent de Benyoucef, Djebels déroule, à la manière d’Isabelle Eberhardt – oui, l’écriture mérite la comparaison –,  l’histoire de trois communautés, musulmane, chrétienne et juive, qui cohabitent et s’affrontent tandis qu’autour d’elles, la guerre embrase le paysage et pousse les protagonistes à leurs extrémités. Le récit se déroule à Miliana, au pied du Zaccar où les combats font rage ce début de guerre de notre libération.

« Au-delà d’un récit où la réalité et la fiction cohabitent et s’entremêlent, le sentiment d’un aboutissement inachevé et de gâchis transparaît, aujourd’hui, avec d’autant plus de cruauté que le temps et l’histoire du pays ont fait leur œuvre.

« Après une longue carrière de journaliste, Mustapha Chelfi signe ce formidable roman qui croque, à la manière d’Isabelle Eberhardt, des scènes de vie à Miliana, au pied du Zaccar que la guerre embrase aux premières heures de la Révolution de 1954. Trois communautés, musulmane, juive et chrétienne, y cohabitent et s’affrontent dans une fausse tranquillité qui présage les brisures futures.  

« Dans ce « Djebels » où s’entremêlent de façon magistrale la réalité et la fiction, Mustapha Chelfi nous fait don de son sens de l’humour et du sentiment d’un irrémédiable gâchis ».

Djebels est le second ouvrage écrit par Mustapha Chelfi après le recueil de nouvelles Le journal d’un galérien en 2011 qui relate les souvenirs romancés d'un enfant durant la guerre d'Algérie.


dimanche 20 octobre 2024

𝐌𝐞𝐡𝐚𝐧𝐚 𝐀𝐦𝐫𝐚𝐧𝐢 𝐞𝐭 𝐥𝐚 𝐏𝐨é𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞 𝐊𝐚𝐭𝐞𝐛 𝐘𝐚𝐜𝐢𝐧𝐞

Je reproduis ici une discussion sur Facebook de Djaffar Kaci, auteur et animateur d’un groupe de discussion Échos littéraire, et Mehana Amrani, auteur d’un essai sur la Poétique de Kateb Yacine ou L’autobiographie au service de l’Histoire paru chez L’Harmattan en 2012. L’entrevue a eu lieu le 19 octobre de cette année.

Echos littéraires - On ne finira sans doute jamais d’écrire sur Kateb Yacine, tant son œuvre est multiple et généreuse. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que son œuvre est inscrite au programme de la Comédie-Française en 2003. Pourquoi avoir écrit La poétique de Kateb Yacine ?

Mehana Amrani - J’ai beaucoup travaillé sur l’œuvre de Kateb Yacine depuis le temps où j’enseignais en Algérie. Par la suite, j’ai donné des communications sur cet écrivain dans des universités étrangères, dont l’Université autonome de Barcelone où j’évoquais l’écriture fragmentaire de Kateb Yacine. Certaines de ces communications ont paru dans des revues ou des ouvrages collectifs. Par la suite, en 2007, j’ai soutenu à l’université de Montréal une thèse sur Kateb Yacine. J’ai donc pris une partie de ce travail que j’ai un peu condensé pour en faire un livre. Au fil de mes recherches sur l’œuvre de Kateb Yacine, je découvre que la fragmentation chez lui se décline en une multitude de facettes. D’abord, le récit ne se conçoit pas de façon linéaire. Mais en fait, dans un seul livre, il y a, non pas un récit, mais plusieurs récits qui s’enchevêtrent. Et ces récits, eux-mêmes sont des fragments issus de plusieurs matériaux : autobiographiques, historiques, mythiques et poétiques. La fragmentation se lit aussi dans la façon de narrer des personnages katébiens : tous narrent par bribes ; la parole prend des pauses, impose des silences, laisse la liberté au lecteur de conjecturer… Il faut savoir que Kateb Yacine utilise les trois points de suspension à 420 reprises rien que dans Nedjma.

Echos littéraires - On dit de Kateb Yacine, qu’il est devenu poète au rythme des pauvres semaines grises, des semaines où il n’y avait que de simples croûtes à se mettre sous la dent. Pourquoi à votre avis cette difficile disette ?

Mehana Amrani -Je ne pense pas que la pauvreté soit à l’origine de la poésie de Kateb. Il a commencé à écrire des poèmes au temps où sa situation familiale était relativement aisée, son père était Oukil (juge musulman sous la colonisation). C’est vraiment l’expérience à la fois traumatisante et féconde des massacres de Sétif, Kherrata et Guelma qui l’a vraiment inspiré.

Echos littéraires - Kateb Yacine disait que s’il n’y avait pas eu les massacres du 8 mai 1945, il serait resté un poète obscur. L’observation participante in situ, est donc aussi déterminante que ça ?

Mehana Amrani - J’utilise l'expression, la poétique participante en référence au modèle sociologique de l’observation participante où le chercheur s’implique dans l’objet observé et enquêté. Ainsi, l’histoire personnelle se confond avec l’histoire du pays. Kateb Yacine avait conscience en même temps que ce qui lui arrivait est aussi le lot de beaucoup d’Algériens à ce moment-là. C’est pourquoi, il emploie l’expression paradoxale et oxymorique, mais juste d’autobiographie plurielle. Par-là, il voulait dire que son malheur, c’est aussi celui de ses concitoyens et du pays dans son ensemble. Mostéfa Lacheraf utilise un mot-clé pour analyser le roman Nedjma. En parlant d’exorcisme. Je le cite : C’est à croire qu’il faisait de ce roman si bien équilibré dans son incohérence apparente, écrit d’une plume sûre et combien attentive, une sorte d’exorcisme sans passion de ce qu’il avait vécu lui-même à Sétif et dont il restait marqué pour la vie. L’expérience de vie de Kateb Yacine sous le régime colonial a réorienté et complètement métamorphosé non seulement la poésie, mais tous ses écrits. L’écrivain va jusqu’à dire que son séjour en prison constitue un des meilleurs moments de la vie, car c’est là qu’il découvre son peuple, la révolution et une autre forme de poésie.

Echos littéraires - Vous évoquez aussi la singulière autobiographie, cette autobiographie qui ne se décline que sur le mode fragmentaire. Pourquoi Kateb Yacine y trouve toute son énergie ?

Mehana Amrani - L’autobiographie est fragmentaire chez Kateb Yacine s’explique de différentes façons. D’abord, parce que l’œuvre de Kateb Yacine est produite, si je peux m’exprimer ainsi, de différentes matières, dont l’autobiographie, l’histoire, le mythe… Ensuite, des éléments autobiographiques les plus traumatisants surgissent par intermittence dans l’œuvre. Il en est ainsi de la folie de la mère, de l’expérience de la prison, de la description des massacres du 8 mai 1945 dans Nedjma et Le Cadavre encerclé. D’autre part, Kateb reste traumatisé par ces massacres de Sétif, Kherrata et Guelma, de telle sorte qu’ils n’arrivent pas à les oublier. Ils reviennent donc le hanter à chaque fois prennent une forme textuelle dans son œuvre ou orale dans ses entretiens ou interventions publiques. Enfin, à propos du fragment autobiographique, Kateb recourt à deux techniques littéraires : la poétique de la répétition et le retour du personnage. Ainsi la mère de l’écrivain et Lakhdar font partie des revenants d’une œuvre à une autre.

Echos littéraires - Si Kateb Yacine considérait le français comme un « butin de guerre », il s’est toujours élevé contre la politique d’arabisation en revendiquant l’arabe dialectal et le tamazight (le berbère) comme langues nationales. 35 ans plus tard, y a-t-il eu un sursaut ?

Mehana Amrani - Les questions linguistiques ont toujours préoccupé Kateb Yacine. Et comme toujours son expérience personnelle entre en ligne de compte. Cela se vérifie dans l’épisode où il s’est perdu en Kabylie et rencontre un vieux qui lui parlait en kabyle et lui répondait en arabe algérien. Cette communication difficile lui fait toucher du doigt la question des langues en Algérie. Même pour la langue française qu’il maîtrise à la perfection semble lui poser des problèmes dans sa communication avec ses concitoyens, à commencer par sa propre mère, car quand, jeune, il se donnait corps et âme pour apprendre la langue française, stimulé par sa belle institutrice, il oublie la langue de sa mère. Cela dit, le pluralisme linguistique semble plutôt évoluer positivement en Algérie, puisque l’unilinguisme n’est plus de mise même dans les politiques linguistiques officielles. Il est toujours avantageux d’apprendre les langues étrangères, en plus de la sauvegarde des langues maternelles. Les enfants immigrants africains nous donnent, à ce propos, une véritable leçon, eux qui arrivent à parler l’arabe algérien et le kabyle, avec l’accent local des régions où ils se trouvent, avec une déconcertante aisance.

Echos littéraires - Merci Beaucoup Mehana.


lundi 30 septembre 2024

𝐍𝐚𝐬𝐬𝐢𝐫𝐚 𝐁𝐞𝐥𝐥𝐨𝐮𝐥𝐚 : 𝐍𝐨𝐮𝐯𝐞𝐚𝐮 𝐭𝐢𝐭𝐫𝐞 𝐜𝐡𝐞𝐳 𝐀𝐦𝐚𝐳𝐨𝐧 - 𝐅é𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐈𝐬𝐥𝐚𝐦𝐢𝐬𝐭𝐞𝐬 (𝐈𝐧𝐧𝐨𝐯𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐨𝐮 𝐢𝐦𝐩𝐨𝐬𝐭𝐮𝐫𝐞?

Page de couverture

 


Est-il concevable de doter le féminisme d’une identité spécifique en la liant à une pensée religieuse, tout en espérant tirer une option émancipatrice ? 







Oui, c'est tout à fait possible. L'essai de Nassira Belloula, "Féministes et Islamistes 1", explore justement cette question. Elle souligne que depuis quelques années, les femmes vivant dans des pays musulmans prennent la parole, se battent et luttent pour une émancipation et une transformation positive. Son essai revient sur la genèse de ce mouvement, explore des questions comme l'imamat au féminin, l'héritage, la polygamie et d'autres sujets abordés au sein de divers courants du féminisme islamique. «La prise de parole de Nassira Belloula et la qualité de son analyse de ce sujet d'actualité avec ses nuances et distinctions contribuent à faire progresser le débat sur le féminisme dans les pays musulmans 2».


  1 Chez Amazon, 2024

  2 Jury du Prix-Bourse Charles Gagnon [Québec].



dimanche 18 août 2024

Publication : 𝐑𝐞𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐞𝐧𝐭𝐢𝐞𝐫 d’Amine Esseghir

Couverture


  « En 1992, le parti Front islamique du salut, le FIS, est aux portes du pouvoir en Algérie après avoir remporté le premier tour des élections législatives. Un coup d’État militaire annule le vote. 

« Des dizaines de militants islamiques prennent alors les armes pour revendiquer leur victoire politique. Confronté à une insurrection d’une violence inouïe, le pouvoir algérien mobilise l’armée dont 70 % des effectifs est composé d’appelés.»

Ainsi débute la présentation du livre d’Amin Esseghir dans la quatrième de couverture. L’auteur était un appelé entre 1994 et 1996. Il faisait partie d’un bataillon de l’armée. Il nous livre son témoignage à travers 18 récits dont les seuls titres sont déjà révélateurs du drame vécu durant cette période que l’on qualifie de décennie noire et qui fut en fait rouge sang : Escales, Arrivées, Les bombes, Refuge éthylique, Une embuscade…  

Dans le prologue, cette phrase qui en dit long : 

« Ma guerre à moi avait commencé en mars 1994. J’avais rejoint l’armée quand depuis deux ans, les Algériens vivaient en retenant leur souffle. (…) La survie biologique était remise en question au quotidien et la rationalité prenait le large. »

Je n’en dirai pas plus. À vous de découvrir ces récits poignants.

Amine Esseghir est journaliste, écrivain et documentariste Algéro-canadien. Il a déjà publié en Algérie en 2012, Yaghmoracen, raconté par Ibn Khaldoun, une bande dessinée dont il a écrit le scénario avec les dessins de Mohamed Kechida. Il a réalisé deux documentaires, dont L’épopée de la bataille de Timimoun qui fait appel aux témoins Algérien et Français de cette bataille pour le contrôle du Sahara durant la guerre d’indépendance en Algérie. 


Amine Esseghir, Revenir entier, 206 pages
L’Harmattan, Paris, 2023
L’Apothéose, Montréal 2023


jeudi 4 avril 2024

Salah Beddiari, une biographie !


Bientôt, dans une librairie à côté de chez vous, la première biographie de Salah Beddiari. Une initiative de Najib Redouane et de Yvette Bénayoum-Szmidt, deux auteurs que nous avons déjà présentés sur ce blog. 

Salah El Khalfa Beddiari est un poète néo-Québécois d’origine algérienne. Ex-professeur de sciences physiques, il a dirigé en 1998 le Centre Canadien d’Échange linguistique de Montréal, une école de langues spécialisée. Il est membre fondateur en 2001 de «Passerelle», un organisme littéraire qui fait la promotion de la littérature migrante. Il a lancé en 2012 la maison d’Édition Beroaf. Il est chroniqueur au Huffington post et publie des articles sur la littérature de la diaspora en tant que contributeur,

Dans la quatrième de couverture une présentation succincte : « Poète et écrivain concret et fécond, Salah El Khalfa Beddiari qui s’est installé à Montréal, demeure enraciné dans sa lointaine terre natale composant poétiquement avec la douleur de l’exil et le vide de l’absence. Il travaille phrase par phrase, mot par mot, syllabe par syllabe, créant ainsi une poésie d’alliances de mot auxquelles se prête la langue française.

« Son œuvre pose l’interrogation essentielle d’un intellectuel faite d’images gardées par la mémoire et que transfigurent les mots. Elle emporte le lecteur vers l’exploration des possibilités de son art d’écriture poétique et romanesque. Elle lui permet d’exprimer son point de vue critique, son engagement et un sens de la forme à la fois particulier et original contribuant à donner une nouvelle vision présente d’un temps passé.

 « Ce collectif vise justement à montrer, à travers les études inédites de vingt-quatre critiques, venant de neuf pays, que Beddiari a opté pour une esthétiques de l’insolite, de la cocasserie, de l’étrangeté, de l’allégorie comme paradigme d’une écriture étonnamment variée. Son énergie, son ambition ainsi que la richesse de ses connaissances et de son imaginaire ont fait de lui l’une des voix majeures au sein de la diaspora algérienne et maghrébine au Québec. »


mercredi 24 janvier 2024

Djaffar Kaci revendique Albert Camus, l'Équilibriste bienveillant

  

Photo de couverture
2023


Djaffar Kaci était au café Le Carrefour 1 samedi 20 janvier pour présenter ses livres, notamment son dernier 2, un essai sur Albert Camus, l’équilibriste bienveillant.








Cet ouvrage met en lumière l'importance de réhabiliter Albert Camus dans la culture et l'éducation, en insistant sur son lien avec l'Algérie et sa contribution à la littérature.

Albert Camus, souligne-t-il, a droit de séance dans nos livres d’école. Et de s’interroger : comment ne pas étudier l’enfant de Belcourt ?

Dans la quatrième de couverture, l’éditeur explique le choix du titre de cet ouvrage : « l'équilibriste bienveillant évoque cet incessant tiraillement entre l’amour profond et sincère qu’il vouait à l’Algérie et cette crainte folle de devoir quitter un jour son pays natal, advenant son indépendance.

« Tout un dilemme pour un philosophe qui n’a eu que très peu de temps pour profiter de son prix Nobel de littérature. Toute sa vie, Camus n'a cessé de militer pour une Algérie fraternelle et généreuse ».

L'essai de Djaffar Kaci met en lumière des aspects peu connus du grand public ou peu explorés de la vie et de la pensée d'Albert Camus, offrant ainsi une nouvelle perspective sur cet auteur majeur.

Dans la simplicité de son discours, Djaffar Kaci nous offre la profondeur à méditer. 

M.B.

1 Café le Carrefour, 3131 Bélanger (Montréal)
2 Albert Camus : l'équilibriste bienveillant, Édition Lulu, 2023
187 pages
ISBN : 9781312080010


vendredi 22 décembre 2023

Ali Akkache - Les Poèmes du Terroir Kabyle


Ali Akkache




 






 


Les poèmes de ce recueil sont ancrés dans la Kabylie natale d'Ali Akkache, reflétant ainsi les aspects culturels, sociaux et historiques de cette région d'Algérie.

 Poème "Tafat"

Le poème "Tafat", qui signifie "lumière" en berbère, est emblématique de ce recueil. Malgré sa signification lumineuse, il porte également un appel à l'espérance, offrant ainsi une perspective positive même face aux défis et aux difficultés.

Né en 1963 à Alger, Ali Akkache est un poète et journaliste algérien d'origine kabyle. En plus de son talent poétique, il est reconnu pour son engagement en faveur des droits de l'homme, des minorités et de la francophonie en Afrique du Nord.

Le recueil "Tafat a été publié par les éditions Achab en 2015, ce qui souligne la reconnaissance et la diffusion de l'œuvre poétique d'Ali Akkache.

Engagements et Événements

En plus de son travail poétique, Ali Akkache participe activement à des événements et des conférences liés à la poésie kabyle. Son récent récital de poésie, il l’a donné au mois de novembre à Radio Centre ville à Montréal où il était de passage. Ali Akkache réside à Washington, D.C. où il enseigne le français comme langue seconde.  

En somme, le recueil de poèmes "Tafat" offre un aperçu profond et authentique de la Kabylie à travers les vers poétiques d'Ali Akkache, tout en mettant en lumière son engagement en faveur de la culture. Il est à cet égard, membre fondateur de l’association Amazigh American Association de la capitale américaine. Enfin, il anime une émission poétique sur YouTube Awaltv.24.

Pour aller plus loin

mardi 25 juillet 2023

Algérianité Littéraire au Canada - Najib Redouane et Yvette Bénayoun-Szmidt

 

Algérianité littéraire au Canada est le titre commun à deux publications qui viennent de sortir conjointement  aux éditions L’Harmattan, à Paris, dans la collection Autour des textes maghrébins. Les auteurs : Najib Redouane et Yvette Bénayoun-Szmidt. 

Le premier ouvrage, Algérianité littéraire au Canada - Voix masculines, traite de treize écrivains algériens : Omar Arhab, Karim Akouche, Mouloud Belabdi, Hamid Benchaar, Salah Benlabed, Salah Chekirou, Salah El Khalfa Beddiari, Aziz Farès, Mohammed Hammadi, Louenas Hassani, Djaffar Kaci, Akim Kermiche et Mazouz Ould-Abderrahmane. 


Le second ouvrage avec le même titre relatif à l’Algérianité littéraire au Canada traite des voix féminines.  Il est consacré là aussi à treize écrivaines algériennes : Katia Belkhodja, Djemila Benhabib, Nassira Belloula, Zehira Houfani-Berfas, Wahiba Khiari, Bahia Kiared, Naïma Oukerfellah, Samia Shariff, Norah Shariff, Lynda Thalie, Mila Younes, Ounessa Younsi et Neyla Ayssi.

Dans la quatrième de couverture de ces deux livres, il est noté que ces voix ont « attiré l'attention par la nouveauté de leurs écrits dans la vie littéraire québécoise qui entretient des liens organiques dans la province francophone. Cette production variée oscille entre prose et poésie, entre récit et introspection, constituant ainsi un phénomène incontournable qui va élargir les aires de la francophonie au Canada. »

Ces deux publications peuvent être « un recours utile à qui désire connaître la particularité et l'originalité de leur production romanesque, poétique et autre, car leur écriture migrante qui fonde son esthétique sur une hybridité conçue comme une forme littéraire inhérente à tout phénomène migratoire inscrit leur influence dans l'évolution de la littérature québécoise. Puisse sa réalisation contribuer à faire découvrir de nouvelles perspectives et encourager les chercheurs.»

Les auteurs

Essayiste, professeur, poète et romancier, Najib Redouane est auteur de plusieurs ouvrages critiques et nombreux articles dans le domaine des littératures francophones du Maghreb, des Antilles, de l’Afrique ainsi que des écrivains francophones en exil. Canadien et Américain d’origine marocaine, il vit depuis 1999 aux États-Unis où il enseigne les littératures de la francophonie du Sud. Il a déjà publié neuf romans. Il a aussi à son actif plusieurs recueils de poésie qui s’inscrivent dans la réalisation d’un récit poétique : Fragment d’une vie en vers.

Yvette Bénayoun-Szmidt est professeure titulaire à l’université York-Glendon. Elle est l’auteure et coauteure de plusieurs ouvrages critiques et articles portant, entre autres, sur l’écriture au féminin dans la littérature francophone du Maghreb. Dans ses recherches actuelles, elle se penche sur les écrivains maghrébins migrants (ou en exil) au Canada. Canadienne d’origine marocaine, elle vit depuis plusieurs années à Toronto (Canada). Après la publication de son premier recueil de poésie Échos de souvenance, elle en prépare un second, Le voyage de l’oubli.


dimanche 25 septembre 2022

Nouveau roman de Karim Akouche : La musique déréglée du monde

 


Avec ce quatrième roman (544 pages), paru dans la collection Alinéa, des éditions Druide, Karim Akouche invente un langage et se libère élégamment des contraintes du récit classique : porté par la voix épicée et attendrissante de son jeune narrateur, il entrecroise différentes époques et géographies. La musique déréglée du monde est une épopée universelle à la fois tragique et baroque. L’auteur y explore un territoire blessé, où l’amour et la guerre s’affrontent et forgent les destins de personnages inoubliables.


Le Résumé de l’éditeur : 

Sol est né dans la faille de l’Histoire. Ses parents ont été assassinés dès sa naissance. Sauvé par un vieux révolutionnaire, il vit avec lui dans le maquis. Pour l’aider à supporter les horreurs de la guerre, son grand-père adoptif l’initie à l’écriture de la poésie, lui récite des histoires fascinantes et lui promet de l’emmener un jour dans le pays imaginaire de l’ours blanc et du kangourou. Lorsque son protecteur est emprisonné, Sol se réfugie dans une ferme où, avec d’autres saltimbanques, il crée la troupe des Artistes Affamés pour défier les balles et le chaos.


Karim Akouche, La musique déréglée du monde, éditions Druide, 2022


samedi 24 septembre 2022

Fou d'Ahlam de Louenas Hassani


Louenas Hassani est né à Bejaia, en Kabylie maritime. Il a quitté l’Algérie en 2001 pour poursuivre ses études en France, à Paris. En 2006, il immigre au Québec. Il enseigne présentement dans une école francophone à Ottawa. Il a déjà publié deux romans aux Éditions L’Interligne, La coureuse des vents (2016) et La république de l’abîme (2017). Son dernier né, Le Fou d’Ahlam est paru en août dernier aux Éditions David, en Ontario.

Page de couverture

La quatrième de couverture de ce roman de 248 pages, résume ainsi le contenu : « Pendant dix-sept mois, Elian, jeune professeur de philosophie engagé dans les tumultes de son temps en Algérie, attend avec impatience son premier rendez-vous avec Ahlam (le nom signifiant « rêves » en arabe). Cette ravissante étudiante en médecine n’a de cesse d’allumer les lampes inextinguibles de son insomnie. Mais la pandémie survient, et les autorités algériennes annoncent le début du confinement le jour même de cette première sortie avec Ahlam. 

Les obstacles et les interdits qui se dressent devant les deux amoureux sont plus grands que jamais. La jeunesse et l’audace suffiront-elles pour surmonter les peurs, quand la répression politique, de surcroît, bat son plein ? »

Louenas Hassani, souligne l’éditeur,  « décrit avec sensibilité le rêve et la marche de la jeunesse algérienne pour se sortir de la dictature. Il aborde du même souffle la condition des femmes dans une société ultraconservatrice, la place de l’altérité au milieu de l’urgence sanitaire et, surtout, il fait voir comment l’amour et les simples et tendres choses de la vie deviennent des outils de dépassement, des petites clairières qui cultivent des espoirs nouveaux.»


Fou d’Ahlam de Louenas Hassani, Fou d'Ahlam, 248 p., 2022

ISBN (Papier): 9782895978435


dimanche 17 avril 2022

Couverture


 

 Ce voleur qui, dans la nuit, rase les murs pour rentrer chez lui, c’est lui. Ce père qui  recommande à ses enfants de ne pas dire dehors le méchant métier qu’il fait, c’est lui.

Saïd Mekbel (1)






Journaliste et poète à qui l’on doit Strophes écorchées (2020) aux Éditions Sydney Laurent, Abdelkrim Abella (2) vient de publier Les Chiens du temps maudit (2021) aux éditions Édilivre.

La quatrième de couverture résume si l’on peut dire, ainsi, la trame du roman/témoignage écrit à la première personne: 

« Le visage bouleversé de Kamel me poursuivait par le hublot. Je vis mon frère courir sur le tarmac. Il agita très haut sa main en criant « reviens... ne pars pas ». Au même moment, Hassina l'empêcha en hurlant « fuis, ils sont venus pour toi ; il y a assez de veuves et d'orphelins comme ça ».

Krimo doit faire face au décès de son frère, assassiné. En proie à la douleur et à la peur de voir son tour arriver, il devient doublement victime : il doit faire son deuil mais fuir aussi.

Bouleversant et poignant, Les chiens du temps maudit est un récit à l'intrigue intelligente.

Abdelkrim Abella nous transporte dans un moment troublé de l'histoire de l'Algérie. Plus qu'un simple récit, il est le témoignage de cette décennie noire, trop souvent oubliée des livres d'histoire... »


(1) En exergue du premier chapitre Ramadhan noir, mars 1995. 

(2) Abdelkrim Abella a été journaliste pour plusieurs rédactions algéroises avant de s’établir à Montréal en 1996 où il collabore en tant que rédacteur au journal « Maghreb Observateur » puis à « La Voix de Montréal ». Sa série de poèmes publiés sur quelques sites ainsi que sa participation à des concours de poésie lui valurent de figurer parmi les mieux classés. Il était également fortement suivi par sa communauté lorsqu’il faisait de la radio notamment dans les émissions francophones de Radio Centreville. Il est l’auteur d’un premier recueil de poésie « d’Amour et de Chagrin » publié en 2019. Aujourd’hui à la retraite, lorsqu’il n’est pas rivé à son écran d’ordinateur, il passe du temps à jardiner. Il travaille en ce moment à l’écriture d’un roman.

lundi 28 mars 2022

Fatiha Temzi publie Échec et maths

Couverture du livre



« Ce roman se veut être un conte moderne initiatique aux principes de base de la réussite éducative. »

Fatiha Temzi






Fatiha Temzi est enseignante à l’école secondaire l’Odyssée-des-Jeunes, à Laval. Elle a publié en 2020 chez BouquinBec, Échecs et maths (1), un roman  initiatique sur l’échec scolaire qui, souvent, est lié à des difficultés en mathématiques.

Cette problématique est abordée à travers l'expérience de la jeune Sofia, 15 ans, qui a vécu ce blocage jusqu’à souhaiter arrêter l’école à cause de ses faibles notes en maths. À cela, il faut ajouter la déception des parents, la colère du père, les mensonges de la mère protectrice qui aggravent le problème de l'élève (2).

Sa mère insiste pour que sa fille séjourne durant une semaine à Mont-Tremblant chez tante Meije, enseignante à la retraite. Que lui réserve ce séjour inattendu?

La jeune fille est initiée à la randonnée et à la découverte des mathématiques dans la nature, mais apprend surtout à maitriser ses réactions émotives et à canaliser son énergie. 

Ce livre qui aborde l’échec scolaire chez les adolescents, a été présenté à Alger, début janvier.  

Fatiha Temzi a enseigné en Algérie avant de s'installer et de poursuivre sa carrière au Canada. Elle a présenté son roman en janvier dernier à Alger. Dans une entrevue à Radio Canada International, elle a expliqué qu’au lieu d’écrire un manuel sur le développement personnel pour élève en échec scolaire et pour les élèves en général, elle a préféré passer par la voie du roman.

Une belle initiative !


(1) Informations pour achat : https://www.linkedin.com/in/fatiha-temzi-6a47a54b

(2) Fatiha Temzi présente son roman Echecs et maths, APS online, 11 janvier 2022.